Moins de 20 % des Burundais ont accès à l’électricité : ce que cela change au quotidien
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Le chiffre est connu des professionnels du secteur, mais il reste abstrait tant qu’on ne le rapporte pas à la vie quotidienne : moins de 20 % de la population burundaise a accès à l’électricité. En milieu rural, ce taux est nettement plus bas. Certaines sources avancent même des estimations proches de 10 % à l’échelle nationale.
Derrière ce pourcentage, il y a une conséquence très concrète : l’énergie de cuisson doit venir d’ailleurs. Et cet ailleurs, dans l’immense majorité des ménages, c’est le bois de chauffage et le charbon de bois.
Une dépendance qui coûte cher, trois fois
Cette dépendance à la biomasse a un coût que l’on peut décomposer.
Un coût environnemental. La recherche de bois-énergie accélère la déforestation. Or le Burundi fait déjà face à une dégradation avancée de ses sols, et le relief accentué du pays expose les terres au ruissellement dès que le couvert végétal recule. Les pertes liées à la déforestation et à la dégradation des sols sont considérables, et certaines d’entre elles ne sont pas réversibles.
Un coût sanitaire. Cuisiner au bois dans un espace clos signifie respirer de la fumée plusieurs heures par jour. Ce sont les femmes et les enfants, qui passent le plus de temps près du foyer, qui en supportent l’essentiel.
Un coût économique. Le combustible s’achète ou se ramasse. Dans le premier cas il pèse sur un budget déjà contraint ; dans le second il consomme un temps de travail qui ne va pas ailleurs.
Un potentiel réel, mais peu exploité
Le paradoxe est là : le Burundi dispose d’un potentiel considérable en énergies renouvelables — hydroélectricité, biomasse, solaire, géothermie. Mais l’exploitation économique de ce potentiel reste presque vierge, freinée par des obstacles politiques, financiers et infrastructurels.
Le cadre politique, lui, est favorable. Le pays est membre de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Il dispose d’un Plan d’Action National d’Adaptation au changement climatique et a produit sa troisième communication nationale sur le sujet. Les politiques nationales manifestent clairement la volonté d’une transition énergétique.
Ce qui manque, ce n’est donc pas l’intention. C’est le nombre d’acteurs capables de transformer cette intention en installations qui fonctionnent, colline par colline.
Une opportunité, pas seulement un problème
Il serait réducteur de ne lire ce contexte que comme une somme de difficultés. L’émergence des énergies renouvelables ouvre aussi des perspectives d’emplois locaux, particulièrement pour les jeunes. Former un artisan à la construction d’un biodigesteur, c’est créer une compétence qui reste sur le territoire et qui se transmet.
C’est précisément à cette intersection — un besoin énergétique massif, un potentiel inexploité, et des compétences à ancrer localement — que l’Association Amis de l’Environnement a choisi de travailler.
